Médiation Faune Sauvage, adoptez les bons gestes !

Seul mais pas en danger

Attention un renardeau trouvé seul n’est pas forcément en détresse ! Comme chaque année nous allons être (et sommes déjà) confrontés à des ramassages de renardeaux. Certains n’ont pas lieu d’être ! Car à l’instar des lapereaux et des faons, des renardeaux peuvent être laissés seuls un court moment. Il s’agit pour les premiers d’attendre maman qui se nourrit, jamais très loin et pour les goupilous, il s’agit probablement d’un déménagement de terrier. En effet, les renardes changent parfois leur portée de place, il arrive qu’un petit reste seul un moment en attendant son tour.

Les découvreurs sont généralement des personnes bien intentionnées, et elles ne savent pas qu’elles commettent l’irréparable. L’irréparable pourquoi ? Tout d’abord élever de très jeunes individus (yeux encore fermés ou à peine ouverts) n’est pas chose aisée !

On ne s’improvise pas mère de substitution comme ça, ou parce qu’on a des animaux et qu’on croit savoir, etc. On ne donne pas n’importe quel lait et il y a une série de gestes à connaitre comme par exemple ceux pour éviter la météorisation (ballonnements mortels).

Mais comment garder ses distances face à une petite boule de poils craquante ?

C’est ici que s’opère le phénomène dit d’imprégnation : souvent trouvé seul, le renardeau va s’identifier à l’humain et non à son espèce. Il sera alors très compliqué de le réintroduire dans la nature.

Lorsqu’il devient plus grand, déjà vers 3 ou 4 mois, il a besoin de plus d’espace, il commence à sauter partout et faire des dégâts dans la maison. S’il n’est pas trop tard, il est urgent de le confier à un centre de soins qui l’introduira dans un groupe de renards de son âge et ainsi le réensauvagera, malheureusement cela ne fonctionne pas toujours. De plus, il y a le lien, l’attachement que l’on développe pour le petit protégé, aussi certains-es ne veulent pas que « leur » petit renard soit relâché pour « aller se faire écraser par une voiture ou tuer par les chasseurs ».

C’est malheureusement le risque en effet mais il a une vie de renard à vivre, il a son rôle à aller jouer et il est né pour être libre. Les refuges ne devraient pas exister et surtout pour des animaux en pleine forme que la loi n’autorise pas à relâcher. Détenir un animal sauvage sans les autorisations est strictement interdit par la loi, passible d’amende et d’emprisonnement !

Alors que faire ?

Si le renardeau ne présente aucun signe de détresse, il faut le laisser et s’éloigner, ne surtout pas le toucher car les mammifères ont un odorat très fin et la mère le rejetterait (si vous restez, même caché, la renarde ne viendra pas tant que vous serez là); par mesure de sécurité vous pouvez repasser 1 heure à 2 heures plus tard pour vous assurer que la renarde est bien passée le récupérer. S’il est toujours là vous pouvez intervenir de la même manière qu’expliqué ci-dessous, les bons gestes :

  • Si vous trouvez un petit renard blessé (présence de sang), infesté de tiques (ça se voit sans le manipuler), infesté de mouches (elles volent en nombre autours), s’il gémit, s’il est inerte, si vous avez assisté à un déterrage ou que vous le/les trouvez près d’un terrier « retourné »… si c’est le cas alors vous pouvez intervenir : le ramasser délicatement, l’envelopper dans une couverture (maintenir au chaud) et le conduire chez un vétérinaire ou appeler le centre de soins le plus proche ou le Clos des Renardises – 06 08 62 92 43, qui vous indiqueront la marche à suivre.
  • Ne donnez rien à boire ni à manger sans les conseils de professionnels.
  • Ne le gardez pas, il doit impérativement être confié à une structure habilitée car vous ferez peut-être pire que bien, il a besoins de soins médicaux que seuls des spécialistes peuvent prodiguer et pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus.
  • Ayez toujours au moins une couverture dans le coffre de votre voiture (et une paire de gants) pour être prêt à intervenir.

Vous voilà informés ! Nous vous souhaitons dès lors d’agréables balades et de belles rencontres faunistiques. Ouvrez l’œil, vous sauverez peut-être un animal sauvage en détresse et surtout vous ferez de belles observations.