Anatomie Presque parfaite d’un prédateur,

Sa fourrure lui permet de résister à des températures très froides, jusqu’à −13 °C. Le pelage du renard roux est composé de deux couches de poils : le poil de bourre qui constitue la couche inférieure (interne), isolant, poils fins et courts d’environ 4 cm, très denses et de couleur sombre ; le poils de surface, dit poil de jarre, qui forme une couche moins épaisse que la première dont les poils plus longs et plus grossiers font environ 10 cm.
La mue a lieu tout au long de l’année, les poils de bourre sont les premiers concernés, au mois d’avril, puis ce sont les poils de jarre. Au printemps le pelage du renard peut prendre un aspect bigarré, avec des poils de longueurs différentes. Les poils repoussent tout d’abord en bas des membres, les parties supérieures du corps muent progressivement durant l’été, en commençant par le haut du corps : les flancs en juillet, le dos et la queue fin août. En automne, le renard commence à retrouver progressivement son poil d’hiver, dans le même ordre que pour le perdre. Son pelage s’épaissit jusqu’au début de la saison froide.
À la base des poils les glandes pilo-sébacées, assurent la sécrétion de sébum qui permet d’entretenir la fourrure de l’animal, assurant l’imperméabilité et donnant à chaque individu son odeur propre.
La perte de poils pendant la mue par plaques de taille parfois impressionnante leur donne un aspect mité à ne pas confondre avec une pathologie dermatologique, la gale sarcoptique.
Même si les cas sont rares, il existe des cas d’albinisme et de leucisme.

(1) ©Jeanne-Françoise KREUTZ (le 09/05/2019), Renard atteints de gale sarcoptique, sur le site Ardenneweb.eu, 2017-2022. Consulté le 19/11/2022, lien du site.
(2) ©Blog de maguy69 (le 09/04/2016), Renard, albinos, sur le site CenterBlog. Consulté le 19/11/2022, lien du site.

L’ossature du Renard roux est remarquable pour sa légèreté, significativement plus légère que celle d’un chien ou d’un coyote de la même taille, ces os moins denses lui donnent un avantage important pour ses déplacements, ses membres pèsent 30 % de moins pour une même unité de volume que ceux d’un chien de même taille (Macdonald, 1987). Le Renard roux présente des variations de taille suivant les individus, le sexe (peu), l’âge, l’état de santé et l’origine géographique.
Comme tous les canidés, son crâne porte de fortes mâchoires particulièrement allongées vers l’avant. Les condyles articulaires de la mandibule inférieure permettent une large ouverture. La dentition adaptée à la chasse est caractérisée par la présence de carnassières, 4èmes prémolaires supérieures et 1 ères molaires inférieures.
Ses oreilles triangulaires, larges, droites et très mobiles, lui permettent de percevoir des fréquences très basses comme celles émises par une souris remuant dans l’herbe ou un lombric rampant sous la surface du sol. Il est capable de localiser des sons dont la fréquence est comprise entre 700 et 3000 Hz.
Sa queue, de 30 à 55 cm, plus longue que la moitié de sa longueur, représente généralement 70 % de la taille de son corps. Elle a un rôle dans la communication visuelle, de balancier et d’isolant thermique lorsqu’il s’en enveloppe.

Animal digitigrade, les traces du renard se composent de ses quatre pelotes digitales et de son grand coussinet plantaire. Ses griffes longues, fines et pointues marquent également le sol. Les empreintes des pattes antérieures mesurent 50 à 60 mm de long et 40 à 45 mm de large, tandis que celles des pattes arrière, mesurent 55 mm de long pour 38 mm de large.
Contrairement au chien, il a l’habitude de poser ses pattes postérieures dans l’empreinte des antérieures, on dit alors qu’il se juge. Cette technique lui permet de brouiller plus ou moins les pistes, en particulier sur des terrains très mous où l’empreinte est profonde : toutes les pelotes peuvent apparaître serrées les unes contre les autres, de sorte qu’il n’est plus possible de tracer une ligne horizontale pour l’identifier. Le renard utilise quatre allures différentes pour se déplacer :
- Le pas : il pose ses pattes bien alignées.
- Le trot : mode de déplacement le plus utilisé, les empreintes sont groupées 2 par 2 en oblique, sa vitesse de route est de 6 à 12 km/h ;
- La course rapide, galop : utilisé lorsqu’il est effrayé, poursuivi ou chasse le lapin. Il peut dépasser les 50 km/h ;
- Le bond : les empreintes sont groupées par 4 dans un trapèze.
- Le renard est un bon nageur ; il peut sauter plus de 2 m en hauteur et 3 m en longueur.

©cheloniophilie.com, Les empreintes de renard, Le renard roux, Vulpes vulpes, sur le site animal.cheloniophile.com. Consulté le 19/11/2022, lien du site.
Capacités sensorielles et de communications
La coloration variée des poils de certaines parties du corps donne plus d’ampleur aux attitudes et postures. La position du corps est un élément de communication visuelle important.
Individu dominant ou agressif : La tête est portée haute et le cou est arqué. L’animal souffle, grogne, rétractant horizontalement ses lèvres et découvrant les incisives et les canines. L’animal dominant dresse ses oreilles vers l’avant tandis que l’agressif les couche vers l’arrière ou le côté. Le regard est fixe, les yeux grands ouverts.
Individu dominé, faible, soumis : La tête est baissée, le cou tendu horizontalement, les oreilles sont couchées et baissées vers les côtés. Ses lèvres sont rétractées, sourire de soumission. Il ne fuit pas le regard du dominant mais l’assure de sa soumission en lui léchant le coin de la bouche et en repliant sa queue sur le côté. L’animal peut également se coucher sur le dos ou sur le ventre s’il a peur , il balaye le sol avec sa queue, le corps en position semi -fléchie ou couchée.
Les disputes se font dos voûté, arrière-train tourné vers l’agresseur qui arrive (bourrade). Si la bagarre est sérieuse, les adversaires se dressent sur leurs pattes postérieures, la gueule ouverte, les protagonistes se font face, se dressent l’un contre l’autre, les pattes antérieures posées sur les épaules de l’adversaire et pratiquent alors le « tourner en rond » et le foxtrot avant l’établissement d’une domination.

Les glandes anales, d’un cm de diamètre environ, sont situées de part et d’autre de l’anus. Leur produit de sécrétion est de couleur jaune paille et très odorant par la présence d’une flore glandulaire microbienne anaérobie importante qui fermente les produits de sécrétion, les transformant en acides aliphatiques.
La glande supracaudale, appelée également « glande à violette », mesure environ 3 cm sur 1 cm et se trouve sur la face supérieure du premier tiers de la queue (à 7 ou 10 cm de sa racine). Elle est visible, surtout quand l’animal est excité. La glande supra caudale est entourée de poils foncés, disposés en ellipse (il y a des soies jaunâtres et la peau est grasse en dessous). Chez les mâles cette glande est plus active à la saison de reproduction, l’odeur de cette sécrétion est dispersée quand le renard agite la queue pour saluer un congénère.
Le renard possèderait également des glandes interdigitales ou glandes podales à odeur agréable subsistant 20 minutes après son passage. On suppose également la présence d’une glande sous caudale et de glandes maxillaires parfois frottées avec la salive contre la végétation.
Le marquage urinaire est concentré sur les zones où l’individu se déplace, dans les limites de son domaine individuel, sa fréquence de miction peut être extrêmement élevée : de l’ordre de 1 par minute ou par 100 m de trajet. Bien que l’urine soit la voie d’élimination des hormones, son rôle dans la communication reste encore controversé. Lors du marquage glandulaire et urinaire, l’odeur répandue est propre non seulement à l’espèce mais aussi à l’individu : elle renseigne alors les autres individus sur l’identité et le statut de l’émetteur. Les excréments sont volontairement déposés sur des emplacements remarquables et surélevés à proximité des voies de passage de l’animal, leur rôle dans le marquage ne fait aucun doute.

Quasi muet en été, le renard donne de la voix en hiver, au moment de la reproduction. La gamme sonore du renard s’étendrait sur 5 octaves comprises entre 100 et 5000 cycles par seconde. Il est capable d’émettre cris, grognements, gémissements, plaintes, halètements, hoquets, crachements, caquètements, aboiements, hurlements, jappements, gloussements, hululements, soufflement … Chaque renard a une voix propre et peut communiquer par au moins 46 sons différents selon les circonstances :
L’aboiement du mâle, simple « wouwou » décliné selon des intensités et des timbres différents, signale sa présence et permet de maintenir les rivaux à distance. Le glapissement, cri assez inquiétant, rauque, prolongé, grinçant, émis la gueule largement ouverte, est un cri de menace ou d’avertissement, d’abord une suite de sons semblables et très précipités, puis qui se termine par un son plus fort, plus élevé, semblable au cri du paon. Des cliquètements manifestent l’agressivité alors que des gémissements traduisent la soumission.
En résumé, plus subtiles pour marquer leur territoire ou pour indiquer leur présence, certains mammifères produisent des odeurs grâce à des glandes situées en différentes parties de leur corps : pattes, tête, corps, queue. Chez les canidés, il existe 3 types de substances intervenant dans la communication olfactive : les sécrétions des glandes cutanées (deux glandes anales et une glande supracaudale), l’urine et les fèces (excréments).


(3) ©Alan Chevereau (le 07/06/2021), tout savoir sur la crotte de renard, sur le Blog Le Petit Fermier, 2022. Consulté le 20/11/2022, lien du site.
(4) ©Blog (le 05/01/2009), la crotte du renard, sur le site Skyrock.com. Consulté le 20/11/2022.
Références & sources :
MNHN & OFB [Ed]. 2003-2022. Fiche de Vulpes vulpes (Linnaeus, 1758). Inventaire national du patrimoine naturel (INPN). Consulté le 17/11/2022, lien du site.
ARTOIS M. 1989. Le Renard roux (Vulpes vulpes Linnaeus, 1758). Société française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM). Encyclopédie des carnivores de France, n°3. 90p.
Jean-Pierre Jost et Jost Yan-Chim., Le Renard : Aspect, comportement, urbanisation, Cabedita, 2005, 156 p.
Denis-Richard Blackbourn, Le Renard roux, Saint-Yrieix-sur-Charente, Éveil éditeur, coll. « Approche » (no 15), 1999, 84 p.